Une enquête conduite auprès des pays participants en amont du séminaire a montré que tous avaient pris des engagements internationaux et adopté des stratégies nationales en faveur de l’égalité des genres. Cependant, l’effectivité de leur mise en œuvre reste faible et le développement de la budgétisation sensible au genre, comme outil au service de l’égalité des genres, se limite à quelques initiatives dans certains pays participants. Par exemple, le Burkina Faso s’est engagé dans la mise en œuvre de la budgétisation sensible au genre en 2014 et les questions d’égalité des genres ont été intégrées pour la première fois dans la circulaire budgétaire en 2018 avec six ministères pilotes. 18 ministères sont maintenant impliqués dans la mise en œuvre de la budgétisation sensible au genre et présentent des programmes et actions sensibles au genre assortis d’indicateurs spécifiques dans leurs propositions budgétaires. Au Sénégal, un document budgétaire sur le genre est annexé à la loi de finances depuis 2016[2]. L’expérience du Maroc a impressionné les participants, en tant que pionnier du développement de la budgétisation sensible au genre parmi les pays francophones. Alors que les premières études de faisabilité ont été lancées en 2001, la budgétisation sensible au genre a été rendu opérationnelle en 2013 avec la création d’un centre d’excellence pour la budgétisation sensible au genre au sein du Ministère des finances marocain. Un rapport annuel est publié[3] et détaille les performances obtenues en matière d’égalité des genres pour chaque programme ministériel.
La plupart des pays d’Afrique francophone sont actuellement engagés dans la mise en place de la budgétisation par programmes et cette réforme représente un momentum pour la budgétisation sensible au genre. Si la budgétisation par programmes n’est pas un préalable indispensable à la budgétisation sensible au genre, elle en facilite le déploiement en liant les cibles budgétaires avec les objectifs de politiques publiques, y compris en matière d’égalité des genres. Le rôle essentiel des cellules genre au sein de chaque ministère a aussi été souligné, pour servir d’interlocuteur au ministère des finances et garantir une coordination efficiente ainsi que la sensibilisation aux problématiques de genre.
Les participants ont conclu que le manqué de données désagrégées sur le genre constituait l’un des défis principaux auquel ils étaient confrontés pour évaluer l’impact des programmes d’égalité des genres. Les besoins de renforcement des capacités sont aussi importants. Au-delà de ces défis techniques, les ministres de l’économie et du budget de Côte d’Ivoire, qui ont respectivement ouvert et clôturé le séminaire, ont rappelé aux participants qu’un soutien politique fort est essentiel pour progresser de manière significative dans la réduction des inégalités de genre.
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[1] Économistes au Département des finances publiques du FMI.
[2] http://www.budget.gouv.sn/documents/public_download/5bca0e46-2634-4cc2-8902-721e0a610b4d/telechargement
[3] https://cebsg.finances.gov.ma/uploads/fichiers/genre_fr_2020_26-11-2019_11-14.pdf
Note : Les articles du PFM Blog du FMI ne doivent pas être considérés comme représentatifs des opinions du FMI. Les points de vue exprimés sont ceux des auteurs et ne reflètent pas forcément les politiques du FMI.